La forêt déploie sa longue chevelure Ondulant de mille reflets affriolants Sur les chemins dont les étranges courbures, Révèlent les stigmates d’un été mourant ! Son feuillage se drape de teintes cuivrées Qu’une fébrile pluie ne saurait assombrir Et sur ce doux coussin aux aromes épicés Le soleil s’y blottit dans un demi-soupir. Dans sa redingote soyeuse et safranée Dame forêt déploie d’insondables trésors Que seul un peintre averti pourrait mystifier Sans en grignoter l’âme de ce vif décor. La lumière perce son corsage étoffé Laissant poindre quelques vallons protubérants Que le vent gai n’a de cesse de caresser D’un souffle désinvolte, amoureusement. Alors Dame forêt, dans un dernier sursaut Entame une ronde aux confins du sous-bois Et désormais de son branchage le plus haut Se pelote à la voute céleste en émoi.