Assise au bord du rivage, l’âme caressée par les flots,
Les vagues déferlant langoureusement sur les rochers
Je plonge dans l’abîme de mes souvenirs sans mots
Que les embruns me crachent au visage, déchainés.
Au loin le phare s’enfonce dans les ténèbres
Et je jette l’ancre rouillée où la brume s’épaissit
Pour laisser passer les nuages à demi-rêve
Dans un tourbillon de bruine et de clapotis.
Ma peau frémit soudain à l’approche de l’orage ;
Les calanques se teintent de douceur ocre
Et des larmes muettes s’échouent sur le visage
D’un été qui s’achève sur une autre époque.