Ô Temps ! Si je pouvais, l’espace d’un instant Me faire pluie et engourdir tes rouages Afin de goûter chaque murmure du vent, Et puiser dans tes jours le plus fou des adages !
Je serais Vie. Et la flamme de mes vers S’épandrait de rires et d’espoirs sur tes lèvres Pour percevoir les effluves printanières D’une aube nouvelle, l’instant d’une trêve.
J’effeuillerais les jours d’une main câline Dans la joie, la douceur et la sensualité Comme cette aube que la nature dessine De ses branchettes fragiles de nouveau-né.
J’effacerais le livre où s’égarent tes pas Dussent mes vers fébriles en pâtir un instant Et raviverais la flamme qui est en toi Pour que tu renaisses enfin de tous tes tourments.