Que je te griffonne, te plie, te déchiffonnes,
Que je t’encolle, te dégrafe ou te décolles,
Dans mes instants de révolte et de colère
En toi je vois un ami, par le temps, terni.
Papier glacé, papier de soie,
Mon ombre, ma flamme, parfois
Fidèle à mes pensées,
A la fragile destinée.
Que je te barbouille, te gratte, te gribouille,
Que je t’enroule, te roule, ou te déroule,
Sans ton regard, je ne serai qu’une immigrée,
Mon ami, ma raison, ma force et mes pensées.
Papier buvard, papier bavard,
Mon squelette, mon histoire,
A toi, brouillon de ma vie,
A toi, mon si aimable ami.
Que je te t’exhibe, t’étale, ou te falsifie,
Que je t’imbibe, te ronge ou te tapisse,
Tu pardonnes toujours mes doutes et mes écarts
Mon ami, mon compagnon, mon papelard.

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