Monde, Ô mon Monde,
La terre recrache les cendres de ta chair,
Et je me brûle à leurs copaux ardents,
Ici sur le mamelon de cet ignoble cratère
Où la poussière recouvre la vie d’antan.
Monde, immonde,
Par nos mains maculé
Terre inféconde,
Par nos quêtes amputé.
Monde, Ô mon Monde,
Puisses-tu un jour repeindre les âmes
De ceux qui ont fait de ta beauté divine
Un désaveu de poussière infâme
Qui dessèche jusqu’à nos racines.
Puisses-tu un jour recouvrer les sens,
Inonder nos cœurs de rosée matinale
Et revêtir ton doux manteau d’innocence
Plutôt que ces loques sales et sépulcrales
Monde, Ô mon Monde,
Puisses-tu ne serait-ce qu’un instant
Fleurir nos entrailles de coquelicots,
De lavandes et d’Oliviers géants
A la manière de Victor Hugo..
Brume,
Ecarte ton rideau suspendu à nos yeux
Rallume,
Le soleil qui ploie sous le ciel bourbeux,
Fleur,
Emplit l’azur de tes voluptés
Effleure,
De tes doigts d’enfant nos pensées
Pin,
Nourris nous de ta sève sucrée
Eteint,
En nous ce feu vicié et acéré !
Monde, Ô mon monde,
Je voudrais tant vagabonder sur tes chemins ancestraux
Et me blottir au creux de tes vallées indolentes et naïves
Quand l’azur s’épanouissait sur tes verts bandeaux
Et que les campagnes encore souriaient aux cimes..

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