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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 19:01

 

Avant de tourner la page de mes vers fugaces,

Qu’une année nouvelle se profilant déjà, efface

Je te laisse ici le recueil de ce qui fut parfois,

N’a jamais été et ne sera plus comme autrefois.

 

Quelques mots éparpillés à même le sol,

Quelques textes sibyllins, sans parabole,

Des consonnes saugrenues et déplacées

Des voyelles baroques insoupçonnées

 

que je n’ai pas su,

dans nos yeux, réfléchir

ni sur le papier, coucher

 

Des nuits de transe à tripatouiller mon âme,

A guetter le bon vers, l’insondable épigramme,

Des petites lueurs d’éclair dans un corps torturé

Quelques gouttes de sueur sur du papier mâché.

 

Des mots insipides, catapultés sur des murs

Des cris, des sanglots, arrachés aux murmures

Esquissés sur des livres, des portraits sans nom

Des visages diaphanes aux lèvres vermillon.

 

que je n’ai pas dits,

que je n’ai pas dessinés

ni même un jour imaginés

et d’encre noire je les recouvrirai

pour ne jamais les partager.

 

Oh mon amour, un jour je serai devenue fatiguée

De courir après des syllabes muettes et révoltées

Pense aux histoires que j’aurais pu te raconter là-haut

Si on m’avait appris à jouer avec  les mots.

 

Nanou, Décembre 2014

 

 

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 17:24

 

J’aime écrire comme on parle du temps qu’il fait, une idée en l’air, une idée sous terre, crocheter les mots comme ils viennent dans mon cerveau, ou les détricoter avec tendresse, avec humour et paresse, à la mode « cocooning », ou bien hors du contexte.

J’aime les bousculer, les tournebouler, les prendre pour un autre, les glisser dans ma poche et en faire un énorme bouquet de fleur. Puis les offrir, et les voir vivre. J’aime les mots pour ce qu’ils ne sont pas. J’aime les surprendre, là où ils ne vont pas.  Et leur construire une vie qui n’a aucun sens, une histoire qui ne parle pas mais qui se chuchote. C’est comme ça que j’écris, au fil des mots, dont tous les sens sont mélangés et signifient tout et rien à la fois.

Des mots à l’envers dans un petit coin de paradis. Des mots frais, tendres et à la fois violents. Des mots qui m’inspirent sur l’instant et qui me sont étrangers l’instant d’après. Entre les deux, l’extase, que seule je mesure. Je le sais maintenant, je ne pourrai jamais écrire un roman avec un début et une fin ; mes mots à moi sont totalement indisciplinés. Ils se lisent sur l’instant, ils sont légers et sauvages à la fois, je ne les maîtrise pas, ils ne sont pas cadrés. C’est une volonté (ou une faiblesse ?). Ils vivent pour ceux dont l’esprit est ivre de mots, comme moi. Ils n’ont pas d’histoire à raconter, ils ont juste besoin d’exister en tant que tels sur la page blanche. Des points noirs dans l’immensité immaculée. Une trace. Ces mots-là sont ma trace. Indélébiles. Je suis seule propriétaire de leur interprétation et de leur destinée.

J’aime écrire comme l’on n’écrit pas. J’aime le « littérairement incorrect ». Pourquoi mettre des virgules ou des points si l’on imagine plutôt un point d’exclamation ? Une majuscule en début de phrase ? Ca dépend du mot. De l’humeur. De l’instant. Mes mots à moi ne sont soumis à aucune règle. Seule leur liberté compte. Ils vont, ils viennent. Se terrent pendant des mois. Puis ressurgissent et se renouvellent. Se fâchent parfois, mais reviennent toujours en moi, me chatouillent pour que j’accouche d’eux, encore et encore. Les mots restent décousus dans ma tête et renaissent à peine rapiécés sur le papier. Une langue que seule je connais mais qui ne conviendrait à aucun livre, à aucun lecteur. Parce qu’ils n’ont ni queue ni tête, à peine un petit corps. Le mien, tout petit, tout recroquevillé sur lui-même. Une boule de tensions. Une boule de mots.

Mais quand ils reviennent comme aujourd’hui, après tant d’attente, c’est tout simplement le bonheur. Fragile bonheur. Comme une fin d’été.

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 19:00

 

Quand le matin se lève sur la mer

 

Et blanchit le rivage d’ondes bleues,

 

Ses longues paupières diaphanes

 

Cernées de minuscules halos bruns,

 

Sont flétries par l’écume des flots,

 

Et gonflées de mille perles d’argent.

 

Ses cheveux blancs dépeignés

 

Tourmentés par un vent gémissant

 

Flottent sur des épaules courbées

 

Ou se fondent dans l’écume du temps.

 

Le meilleur des instants éphémères

 

Est accroché pour toujours à ses haillons,

 

Et ses amours, comme une liqueur sucrée

 

La vieille les savoure toujours avec délice.

 

Il n’est point de souvenir amer

 

Qui ne se reflète dans les vagues,

 

Ni de regret résigné ou inavoué

 

Qui ne se brise contre les rochers.

 

Demain elle arborera le même sourire

 

Sur ses lèvres tremblantes et ridées

 

Et dans la lumière bleuâtre du jour

 

Où des mouettes suspendent leur vol

 

Une vieille femme attend la dernière vague,

 

Une larme au coin de l’œil.

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 18:55

Il est de doux moments, au pied d'un olivier
Parmi les lavandins et autres tournesols
Lorsque le mistral ébouriffe nos pensées
Et qu'au lointain s'époumone le rossignol,

Où j'accouche de vers, et de mots mutins
Qua ma plume asservie dépose sous tes yeux
Tantôt comme un baiser sur un coussin de thym
Tantôt comme un éclair ou un vent audacieux.

Qu'ils soient impétueux, déments ou rembrunis,
Faisant naître parfois d'insondables douleurs,
Ou simplement rieurs, guillerets, réjouis,
Comme un chant libertin sur la grève, lecteur,

Ces quelques mots, lecteur, au delà de leurs traits
Sont l'écho de mes pas, le sceau de mon esprit
A qui saura un jour lire dans mes pensées
Comme au travers de l'eau sillonnant dans nos vies.

Je te les offre ainsi comme un précieux tribut,
Une marque d'amour, un gage d'amitié,
Pour le temps consummé, par tes yeux courbatus,
A décrypter le fond de mes vaines pensées.

 

Décembre 2008

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 18:50

Prenez des graines de vie épicées,

Eclatez les gousses des heures

En petits instants bien enrobés

Jetez-les en pluie, avec ferveur.

 

Râpez les secondes finement

Pelez une à une les idées reçues

Egrainez les saisons lentement

Videz-les de leur contenu.

 

Hachez les souvenirs passés

Ecumez le silence petit à petit

Epépinez les récits fanés

Et ciselez de belles éclaircies

 

 Puis liez ce mélange saugrenu

Faites en un pêle-mêle d’images

Jonglez avec la pâte obtenue

Servez, et tournez la page.

 

Juin 2009

 

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 15:38
Par sa plume,
Le poète accroche nos lèvres à l’encrier,
De mots d’insondables réminiscences
Dont les saveurs exquises
Noient nos angoisses existentielles.
Le poète, garde-mot de nos maux
Chuchote, éveille et nourrit.

Par son pinceau,
Le peintre traque le métissage
Des démons hurlants de nos âmes,
Et de sa plus belle palette
Les fait fondre sur la toile
Le peintre, poète des couleurs
Souligne les contours de la vie.

Par sa gouge,
Le sculpteur corrige le monde
Le bois amnésique se redresse
Les copeaux se font esprit
Et la pierre se réveille enfin.
Le sculpteur réinvente la poésie
En modelant les embruns de l’humanité

Par sa voix,
Le chanteur accompagne notre âme
Dans un tourbillon de notes magiques
Et nous emporte dans un voyage sonore
A travers les frontières du temps
Le chanteur jette sa voix chaude et enlevée
Sur les partitions du monde

Nanou, septembre 2005
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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 15:34

J'aime jongler avec les mots
Pour mieux les capturer,
Et les encrer à mon stylo,
Les faire sauter et sursauter,
Les arrondir, les embellir,
Les guider sur le chemin,
Les dompter, les assagir,
Les enivrer au creux de mes mains.
Les lier, les délier, les effacer,
Admirer leur tracé accompli,
Les bousculer, les tourmenter,
Leur redonner le sens de la vie.


Nanou, Janvier 1999

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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 15:36
Le pinceau déverse con cortège de couleurs, 
A petits pas butine l’espace vierge de mon cœur.

Le pinceau esquisse un sourire coquin
Lorsque dans mes rêves il devine le dessein 

De mes amours ombragées qu’il griffonne
De petites hachures habiles et friponnes
Tantôt il étale mon corps de toute sa douceur
Tantôt il taquine mes traits rebelles et enchanteurs
Tantôt il déferle sur l’ombre et la lumière
Emmêlant dans sa fougue sa longue crinière

Il est mon sillage et sature violemment la page
Lorsque dans mon corps les maux se font rage
Il illumine les zones d’ombre de mon destin
En caressant mes lèvres d’un trait malin 

Nanou, Août 2005
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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 15:26

Si peu,

Si vite,

Des lumières aux ténèbres,

L’écart est

Si peu,

Si vite,       

De la terre fertile

Au grain de poussière

Du grain de blé doré,

A la mauvaise herbe,

Si peu,

Si vite,

L’instant est

Fragile,

Et sur la branche,

L’oiseau

Ne sait pas encore

Si elle pliera

Demain.

Si peu,

Si vite,

D’une poignée de secondes

A l’éternité,

D’un croissant

A la pleine lune,

Si peu,

Si vite,

Le fil est fin,

Et l’équilibriste

Ne sait pas encore

Si son pied dérapera

Demain.

 

Demain est là,

Si peu,

Si vite,

Un éclair

Un refrain

Un regret

De l’avoir oublié.

©Nanou, Décembre 2008

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 15:09

J’écris mon histoire

 A coups de craies noires

Que je dilue parfois

Dans un feu de joie.

Les mots défigurent

Tous ces tracés obscurs

Et tremblent souvent

 Sous le poids des ans.

Mes pensées courent

 Au goût des jours

 Et se reflètent

Dans ma petite tête

Pour mieux ressurgir

Dans mes désirs

 Et m’embarquer

Dans d’autres contrées.

Je puise dans ces mots

La force d’aller plus haut

 Au-delà des images

Derrière la page

Et je me blottis là

A écouter les voix

De ceux qui dans mes pensées lisent.


© Nanou 2006

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